Une marque ne se possède pas définitivement. Vous pouvez la perdre.

La question :

Une marque nouvellement créée peut-elle récupérer "Twitter" alors que l'ancien Twitter s'est rebrandé en X

Autrement dit : le changement de nom a-t-il libéré la marque, ou Twitter continue-t-il d'exister juridiquement malgré le rebranding ?

Cette affaire explosive rappelle une règle essentielle :

« Twitter », c'est un capital de marque majeur.

C'est un actif immatériel colossal : notoriété mondiale, réflexe culturel, valeur économique, etc.
Le tout, condensé dans un seul mot : le nom de marque.

C'est ce capital-marque que chacun de X et de Bluebird cherche à capter.

En droit américain l'abandon suppose un non-usage et une intention de ne pas reprendre l'usage.

(Lanham Act)

X cherche à démontrer l'inverse : un usage maintenu de sa marque Twitter, ou à tout le moins, une continuité juridique fondée sur la persistance du goodwill.

La notion du goodwill :

"Twitter n'est pas mort"

Bien que X ait changé de nom, sa thèse est que Twitter continue d'exister comme marque si le public associe encore ce nom à la plateforme.

C'est la notion du goodwill.

Si "Twitter" reste identifié à X dans l'esprit du public, alors la marque n'est pas abandonnée, donc un tiers qui s'y positionne – hello Operation Bluebird – capitalise sur une réputation préexistante, ce qui n'est juridiquement pas toléré.

Le fait qu’il y a des redirections de twitter.com vers X.com joue en la faveur de X : pour eux, les internautes associent toujours twitter et X.

Et vous ?

Deux fronts de bataille

  • Le TTAB / USPTO : un combat "administratif" autour de la validité des droits, avec au cœur la question de l'abandon.
  • Devant le tribunal fédéral : une approche plus offensive de X, fondée sur l'appropriation parasitaire supposée de Bluebird. → L'idée centrale : on ne peut pas "recréer Twitter" en capturant sa renommée.

Issues possibles

Victoire de X :

pas d'abandon reconnu → les enregistrements « Twitter » restent valides et opposables, et X peut bloquer tout tiers au titre du risque de confusion et de la captation du goodwill.

Victoire de Operation Bluebird :

abandon reconnu → extinction des droits de X sur tout ou partie des classes → « Twitter » est redevenu disponible → Bluebird acquière ses propres droits par le biais de son dépôt de marque TWITTER et de son usage.

Que retenir ?

Une marque ne se possède pas définitivement :

elle s'entretient.

Un rebranding mal sécurisé peut fragiliser des droits, ouvrir des brèches opportunistes et exposer à des tentatives de récupération.

Preuves d'usage, stratégie de portefeuille et anticipation juridique sont clés pour éviter qu'un nom iconique ne vous échappe.

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